On nous parle de “réformes”, de “nécessité économique”, de “réalisme”. Mais la réalité est ailleurs. Depuis des années, une offensive se mène contre le monde du travail. Une offensive organisée, pensée, assumée. C’est une stratégie. Une stratégie portée par celles et ceux qui dirigent les grandes entreprises, influencent les décisions politiques et imposent une vision où tout doit être rentable, y compris le travail humain.
Pendant que les profits explosent et que les dividendes battent des records, on explique à la “France d’en bas” qu’il faut se serrer la ceinture, travailler plus et accepter moins, moins de stabilité, moins de reconnaissance, moins de droits, et toujours plus d’efforts.
Cette lutte de classe existe, mais elle ne vient pas d’en bas : elle est menée d’en haut, contre celles et ceux qui travaillent, produisent et tiennent le pays debout.
Et pour mieux la faire accepter, ils ont trouvé une arme redoutable : détourner les colères. Plutôt que de laisser émerger une contestation sociale, ils attisent les divisions, opposent les uns aux autres, alimentent les tensions et déplacent le débat.
La lutte des classes devient alors une lutte entre “petits”, entre catégories, entre origines, pendant que les véritables rapports de domination restent intacts.
Diviser pour mieux régner. Pendant que certains regardent leur voisin, d’autres continuent de décider, de concentrer les richesses et d’imposer leurs règles. Diviser, individualiser, précariser : voilà les outils utilisés pour empêcher toute riposte collective.
Mais sans les travailleurs, rien ne fonctionne, rien ne tourne, rien ne tient.
Le 1er mai n’est pas une tradition, c’est une réponse. Une réponse collective à des choix qui nous appauvrissent et nous fragilisent. Une réponse pour dire que nous refusons de subir en silence.
Être dans la rue le 1er mai, c’est refuser d’être invisibles.