Orange a officiellement ouvert des négociations exclusives avec le fonds Verdoso pour céder Globecast, sa filiale spécialisée dans la diffusion audiovisuelle mondiale. La direction explique que cette opération permettrait à l’entreprise de bénéficier d’un « actionnaire de référence » et de se renforcer sur un marché en transformation. En réalité, cette vente s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large : se séparer des activités jugées non rentables et recentrer Orange sur son cœur de métier.
Depuis l’arrivée de Christel Heydemann, la ligne est claire : simplifier le groupe, augmenter la rentabilité et abandonner les activités considérées comme secondaires.
Orange Bank a été vendue, OCS et Orange Studio ont été cédés, Océan a été transféré à Shiftmove, et désormais Globecast est sur la liste.
Pour justifier ces décisions, la direction met en avant la situation économique de Globecast, la filiale réalise environ 200 millions d’euros de chiffre d’affaires mais reste déficitaire.
Mais cette explication est trop simple. Car Globecast n’est pas une petite activité marginale. C’est une entreprise reconnue mondialement, capable de couvrir les Jeux olympiques, le Tour de France ou les grands événements internationaux grâce à une infrastructure mondiale et des équipes hautement qualifiées.
Le vrai sujet est ailleurs. Depuis plusieurs années, Orange Business est piloté presque exclusivement par des indicateurs financiers comme l’EBITDAaL. Quand l’indicateur est négatif, la réponse est toujours la même : restructurer, réduire les coûts, puis vendre.
Cette logique transforme progressivement Orange en groupe financier. Aujourd’hui Globecast est déficitaire, mais pourquoi ? Par manque d’investissements, par une stratégie instable, par des réorganisations successives et un marché en mutation. Et maintenant, la solution serait de vendre à un fonds d’investissement ? Une fois de plus, la direction choisit la facilité : se séparer du “problème” plutôt que construire une solution.
Pour SUD, cette stratégie est dangereuse. car vendre les activités les unes après les autres ne renforce pas Orange Business. Au contraire, cela réduit son périmètre, affaiblit ses compétences et fragilise les salariés.
Aujourd’hui Globecast. Hier Orange Bank et OCS. Demain quelle filiale ?
Globecast c’est une activité à défendre, l’avenir d’Orange Business ne peut pas se construire à coups de cessions successives. Il doit se construire avec les salariés, avec une stratégie industrielle et avec des investissements durables !