Lors du CSE de juin, la Direction a présenté la deuxième itération de son programme de transformation de la DSI. Présenté comme une évolution progressive du modèle opérationnel, ce projet prévoit l’externalisation, par vagues successives, d’activités et de grappes applicatives vers des entreprises de services numériques.
Depuis le lancement du projet, les réorganisations s’enchaînent à un rythme soutenu. Les activités quittent progressivement la DSI, les externalisations se multiplient, les salariés changent de métier ou de poste, tandis que les compétences construites depuis des années sont transférées à des prestataires.
À cette cadence, inutile de parler de dix ans : dans cinq ans, que restera-t-il réellement de la Direction du Système d’Information? Derrière les discours rassurants, c’est bien le démantèlement progressif de notre direction qui est en marche.
La Direction tente pourtant de nous convaincre qu’il n’y aurait aucun risque. Son argument ? Si les activités externalisées ne donnaient pas satisfaction, Orange pourrait toujours les réinternaliser.
Qui peut sérieusement croire à un tel scénario ?
Comment réintégrer des activités lorsque les compétences auront quitté l’entreprise ? Lorsque les experts auront changé de métier, quitté leur poste ou lorsque les savoir-faire auront été transférés à la sous-traitance ? Pour SUD, une compétence ne se décrète pas. Elle se construit au fil des années. Une fois détruite, elle ne se reconstitue pas d’un claquement de doigts.
Cette promesse ressemble davantage à un argument de communication destiné à faire accepter les externalisations qu’à un véritable engagement réaliste.
Pour SUD, il est temps d’ouvrir les yeux sur ce qui est en train de se jouer. Ce projet ne transforme pas seulement l’organisation de la DSI : il remet en cause son existence même, son expertise, ses métiers et sa capacité à assurer durablement ses missions.
Pour SUD, il n’y a pas de fatalité. Nous n’accepterons jamais que les suppressions de postes, l’externalisation des activités ou la dégradation des conditions de travail soient présentées comme des évolutions inéluctables. Derrière chaque réorganisation, il y a des femmes et des hommes, des métiers, des savoir-faire et des collectifs de travail qu’il faut défendre.
L’histoire sociale d’Orange démontre que lorsque les salariés s’organisent, se mobilisent et imposent collectivement leur vision du travail, les projets de la Direction peuvent être modifiés, reportés ou abandonnés. Rien n’est jamais écrit d’avance. Les avancées sociales n’ont jamais été obtenues par la seule bonne volonté de l’employeur, elles sont toujours le fruit d’un rapport de force construit par les salariés.
Ensemble, nous sommes capables de faire entendre une autre voix et de démontrer qu’une autre organisation du travail est possible.