Le rapport annuel de la médecine du travail ne révèle rien de nouveau et c’est précisément ce qui est le plus préoccupant. Année après année, les mêmes constats sont posés. Année après année, les alertes du service de santé au travail et les résultats des enquêtes triennales CNPS convergent. Et pourtant, la situation continue de se dégrader. Il ne s’agit donc plus d’un manque d’information ou d’un défaut de diagnostic, mais bien d’un problème systémique qu’Orange choisit de ne pas traiter.
La charge de travail en est l’illustration la plus flagrante. Les dépassements d’horaires se banalisent, les exigences augmentent sans moyens supplémentaires, et les conséquences sur la santé sont clairement établies : fatigue chronique, troubles physiques, stress durable. Cette situation n’est pas accidentelle, elle est la conséquence directe d’une organisation du travail qui privilégie en permanence la performance immédiate au détriment de la santé des salariés.
Dans certains collectifs les tensions s’installent et les managers de proximité sont mis en difficulté. Les transformations s’enchaînent sans préparation ni stabilisation, complexifiant le travail et augmentant la charge mentale. Les départs non remplacés viennent mécaniquement aggraver la situation, tandis que l’incertitude sur l’avenir des métiers empêche toute projection.
Les dysfonctionnements observés dans l’accompagnement social, avec des suivis discontinus et des inégalités de traitement, ne font que renforcer ce constat d’ensemble : les dispositifs existent, mais ils ne sont pas à la hauteur des besoins, et leur défaillance aggrave les situations individuelles.
Face à ces éléments répétés et documentés, la responsabilité d’Orange est pleinement engagée. En continuant de considérer les salariés comme un coût à réduire, Orange organise de fait la dégradation des conditions de travail.
Orange contrevient aux obligations légales d’employeur. Le fait de laisser perdurer, en toute connaissance de cause, des situations de surcharge, de stress et de dégradation des conditions de travail peut être qualifié de manquement grave à l’obligation de sécurité. Autrement dit, cette situation n’est pas seulement préoccupante, elle est potentiellement condamnable.
Il est désormais impossible de parler de dérives ponctuelles ou de difficultés passagères. Ce qui est en cause, c’est un modèle d’organisation du travail qui génère lui-même les risques qu’il prétend ensuite gérer.
Le rapport du service de santé au ravail sera présenté au du CSE de mai. À cette occasion, les élu·es SUD porteront ces constats avec détermination et interpelleront la direction sur ses responsabilités face à une situation clairement identifiée. Il ne s’agira pas seulement de rappeler les alertes, mais d’exiger des réponses concrètes sur la charge de travail, les moyens alloués, l’organisation du travail et la protection effective de la santé des salariés.