Derrière les discours officiels sur la prévention et le dialogue social, la réalité est tout autre : un fonctionnement verrouillé, des décisions déjà prises… et des représentants de la direction cantonnés à un rôle de simples relais, sans marge de manœuvre ni volonté de remise en question.
Les faits sont accablants. Aucun bilan sérieux des actions passées, une prévention réduite à de la communication et des formations de surface, des causes profondes systématiquement évitées, et des moyens qui ne sont clairement pas à la hauteur. À cela s’ajoute le mépris des travaux menés : les propositions issues des groupes de travail sont balayées sans explication, y compris lorsqu’elles reposent sur des analyses solides comme celles de l’enquête Commission Nationale de Prévention et de Santé.
Dans ces conditions, difficile de parler encore de dialogue social.
Les groupes de travail apparaissent pour ce qu’ils sont devenus : des chambres d’enregistrement, destinées à cautionner des décisions déjà entérinées en amont.
Quant aux représentants de la direction, ils semblent se contenter d’endosser un rôle de “passe-plats”, appliquant des orientations descendantes sans jamais porter les enjeux du terrain. Ce constat n’est pas isolé, dans plusieurs CSSCT, les mêmes dérives sont pointées.
Face à cette mascarade, les membres de la Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail ont décidé de ne plus participer aux groupes de travail sur le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels, le Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail et à l’analyse de l’enquête CNPS.
Une décision à la hauteur de la lassitude et de la colère. Car à défaut d’être écoutés, les représentants du personnel refusent de servir d’alibi.