Lannion Marzin : « Si vous devenez fluo, on saura pourquoi »


« Si vous devenez fluo, on saura pourquoi » : Cette phrase sortie par la direction au moment de l’annonce à une équipe, d’une contamination de l’eau sur le site de Lannion (Marzin) illustre le manque de sérieux et de considération devant une situation qui inquiète les salariés. À la suite d’une alerte pour danger grave et imminent déposée en octobre au sujet d’une suspicion d’eau non consommable, la direction du site a pris la décision de remplacer ces fontaines par des bonbonnes d’eau. Cela s’appelle de la prévention tertiaire, c’est à dire, une prévention quand le mal est fait. La prévention primaire aurait consisté à respecter la loi en vérifiant que les fontaines étaient bien raccordées à de l’eau potable. Or la dernière analyse datait de 2016 avec déjà à l’époque une présence de fer…

Les résultats des analyses sont particulièrement préoccupants et confirment la gravité de la situation. L’eau d’une fontaine présente un taux de nitrites près de six fois supérieur à la norme autorisée ainsi que la présence d’azote ammoniacal, un composé chimique généralement associé au traitement des eaux usées.

Les analyses ont également mis en évidence un problème plus global de vétusté du réseau de canalisations, avec des taux de fer anormalement élevés et la présence de micro-organismes dans plusieurs zones du site.

Au-delà du risque sanitaire direct, cette situation entraîne un risque humain majeur : anxiété, peur pour sa santé, perte de confiance envers l’entreprise, impact sur la vie personnelle et familiale.

Comment continuer à travailler sereinement lorsqu’on apprend que l’eau que l’on a consommée pendant des mois, voire des années, pourrait avoir des conséquences graves sur sa santé ? Et ce n’est certainement pas l’engagement de la direction de reconnaître un cancer colorectal en maladie professionnelle sur 40 ans qui peut rassurer, une telle déclaration souligne au contraire l’ampleur du risque et la gravité de la situation.

La gestion de ce dossier en CSSCT interroge également fortement. Refuser d’inscrire ce point à l’ordre du jour et vouloir le traiter en points divers sans document revient à tenter de cacher un risque sanitaire majeur. Face à cette inertie, les élus ont déclenché un CSE extraordinaire afin de voter une expertise indépendante. Cette démarche permet de mesurer au mieux les risques sanitaires, les responsabilités et les mesures de protection à mettre en place pour les salariés victimes de ce laisser-aller.

SUD rappelle que la santé et la sécurité des salariés ne sont pas négociables. La direction doit agir immédiatement, mettre en place un suivi rigoureux de chaque collègue exposé.

DTSI  DTOF  LANNION