Regain, la transformation sans stratégie et sans cap humain


La consultation Regain au CSEC du 27 janvier a marqué la fin d’un processus que la direction continue d’appeler « consultation ». Une fois encore, nos alertes, les risques humains et les conséquences organisationnelles ont été minimisées, voir ignorées. Les expertises indépendantes des cabinets PERITUS et TECHNOLOGIA sont sans appel : Regain ne repose sur aucune stratégie économique claire, aucun pilotage RH sérieux, aucun cap autre que la rationalisation budgétaire.

Aucun plan d’accompagnement digne de ce nom n’est prévu, Regain est une transformation hors-sol, déconnectée des réalités du travail, qui fait peser des risques sociaux majeurs sur l’ensemble des salarié-es.

Loin de renforcer le collectif, ce projet est un puissant facteur de désorganisation et de fractures internes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : seuls 12 % des salarié-es déclarent y adhérer, et il s’agit majoritairement de cadres supérieurs.

Cette transformation n’apporte aucune garantie sur le développement des compétences, la transmission des savoirs ou le renouvellement des effectifs. elle acte une stratégie d’attrition assumée et la destruction de milliers d’emplois. Sans objectifs opérationnels, sans cartographie des compétences, sans organigramme, sans équipes constituées, sans fiches de postes, sans parcours de formation. Autrement dit : une casse sociale programmée.

SUD refuse de baisser les bras, comme nous l’avons toujours démontré. Nous ne nous résignerons jamais au saccage de nos emplois et de nos métiers dans une machine destructrice, déjà condamnée par la justice et pourtant toujours à l’œuvre.

Lors du CSEC, SUD a fait le choix de ne pas prendre part au vote, refusant de cautionner une mise en scène destinée à valider un projet déjà ficelé. SUD avait préparé une intervention argumentée, portée par une personne qualifiée afin d’exposer notre position et surtout de rappeler une évidence que certains préfèrent ignorer : quel que soit le vote, il s’agissait d’entériner le projet de la Direction.

Plutôt que d’entendre une parole indépendante et dérangeante, la Direction a choisi la censure, en refusant purement et simplement l’accès de notre collègue à la séance. Parce qu’on ne peut pas laisser la Direction verrouiller le débat et museler celles et ceux qui contestent, SUD s’est mobilisé devant le site de Alleray et après une prise de parole, notamment devant le média Blast, a décidé d’envahir le CSEC pour se faire entendre.

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Retour sur la première séance de « négociation » La première séance dite de négociation s’est tenue récemment. Nous rappelons un point essentiel : ces réunions ne sont pas le fruit d’une volonté de dialogue de la Direction. Elles sont imposées par une décision du Tribunal de Nanterre. Autrement dit : sans cette contrainte judiciaire, la Direction n’aurait jamais ouvert cet espace d’échange.

Ce que nous avons constaté lors de cette première séance est sans surprise : la Direction est arrivée les mains vides, juste un calendrier précis des prochaines séances. Pour SUD, il ne peut pas être question d’accepter une négociation « vitrine » ou un simple exercice de communication. Nous exigerons le respect strict des accords d’entreprise existants et leur application pleine et entière. En particulier pour la protection des salarié·es en situation de handicap. Les collègues ayant déjà subi une ou plusieurs transformations, et qui ne doivent pas être une nouvelle fois fragilisé·es. Le télétravail, qui doit rester une solution réelle et accessible, et non un droit rogné aux motifs fallacieux.  La prise en compte des besoins individuels et collectifs en matière de formation, indispensable pour sécuriser les parcours professionnels. 

Nous exigerons également de véritables garanties sur les indemnisations, avec un budget spécifique, clairement identifié et que celui-ci ne soit en aucun cas financé en ponctionnant le budget des NAO. 

La mise en place de solutions réellement adaptées à chaque collègue qui en fait la demande : aménagements, maintien sur site, télétravail, mobilité choisie, accompagnement renforcé.

Nous ne laisserons pas la direction appliquer des décisions uniformes sans tenir compte des réalités du terrain, afin de garantir la transparence des engagements, le respect des droits, SUD demandera la mise en place de commissions de suivi, de médiation et de contrôle. Cette première séance confirme ce que nous dénonçons depuis le début : la direction avance sans projet social solide, sans garanties et sans considération des conséquences humaines.

SUD continuera à porter une ligne claire, aucune transformation ne doit se faire au détriment des salarié·es. Et puisque la direction n’avance que sous contrainte, nous serons présents, vigilants, et déterminés à faire respecter les droits de toutes et tous.