La casse sociale s’accélère à la DSI


Pour rappel, sous couvert d’une soi-disant “évolution”, la direction a présenté au CSE d’octobre un projet qui n’est ni plus ni moins qu’un vaste plan de démantèlement de la DSI, théoriquement étalé sur dix ans. L’objectif réel est clair : transférer l’activité vers la sous-traitance et démanteler la DSI .

Ce que la Direction présentait comme un processus long, progressif et maîtrisé est déjà en train d’échapper à tout cadre clair, révélant un pilotage à vue et une absence totale d’anticipation.

En théorie, seules devaient être concernées les activités dites “non stratégiques”, celles qui étaient déjà largement externalisées où les équipes comptant de nombreux collègues proches de la retraite. Autant d’engagements brandis pour rassurer. Dans les faits, ils volent en éclats.

Une première grappe d’activités a déjà été transférée, impactant 74 collègues. Parmi eux, 26 ont dû se retrouver une nouvelle activité, certain·es sont encore en recherche aujourd’hui. D’autres se sont positionné·es sur des postes ouverts… avant d’apprendre que ces mêmes postes seraient embarqués dans la seconde vague de transfert. Comment parler de loyauté quand on incite des salarié·es à se projeter sur des postes que l’on sait voués à disparaître ?

La deuxième vague, encore plus massive, concerne 175 collègues (DRS, FALCO et DEFY), dont 75 prétendument à “redéployer”. En réalité, ils et elles perdent leur activité et se retrouvent dans une situation d’attente, de recherche et d’incertitude, sans garanties sur un avenir professionnel stable, en phase avec leurs compétences.

Et déjà se profile une troisième phase, accompagnée d’entretiens individuels prévus dès le mois de mars, dont l’objectif est clair : préparer les collègues à la perte de leur activité.

Les informations arrivent au compte-gouttes, souvent trop tard, parfois contredites quelques semaines plus tard. Les concertations ressemblent davantage à des chambres d’enregistrement qu’à de véritables espaces de dialogue. Le résultat est sans appel : perte de sens généralisée, instabilité chronique, lassitude, sentiment d’insécurité et de dévalorisation, renforcés par des mobilités forcées. Autant de facteurs qui constituent de véritables risques psychosociaux, pesant lourdement sur la santé mentale et sur la prétendue “qualité de vie au travail”.

À terme, le projet est limpide : il ne restera plus que des postes de gestionnaires de contrats de sous-traitance. L’expertise métier, patiemment construite par les équipes, sera perdue. La DSI deviendra un simple donneur d’ordres, dépendant de prestataires, avec le risque d’une dégradation de la qualité de service.

Cette transformation, présentée comme une évolution, se traduit en réalité par un recul et une casse sociale majeure, la fin de l’expertise de la DSI et un sacrifice de l’avenir des salarié·es. SUD s’y oppose fermement et continuera d’exiger des garanties collectives et un véritable projet industriel.

DTSI