Dans un contexte où les droits des salarié·es sont trop souvent remis en cause, le syndicalisme de lutte reste un outil indispensable pour garantir le respect des accords, des lois et de la dignité au travail. Face à des directions prêtes à contourner les règles et à des organisations syndicales qui privilégient parfois la signature à tout prix plutôt que la défense réelle des personnels, seule une action syndicale combative permet d’obtenir des avancées concrètes et de faire respecter les acquis collectifs. L’affaire du travail de nuit durant les Jeux Olympiques de Paris 2024 en est une démonstration éclatante : grâce à la ténacité de SUD, la justice rappelle qu’aucun employeur, y compris Orange, n’est au-dessus des règles qu’il a lui-même signées.
A l’été 2024, et alors que seule la CFE/CGC signe un accord médiocre sur les modalités d’accompagnement des volontaires pour la « TEAM JOP 2024 », le syndicat SUD conteste notamment deux mesures : les aggravations de temps de trajet et les compensations au travail de nuit. Il saisit la justice en septembre 2024 sur le non-respect des accords déjà en vigueur dans le groupe sur ce deuxième point.
Le jugement rendu ce 7 octobre par le tribunal de Nanterre condamne Orange et l’enjoint à verser aux salarié-es concerné-es par du travail de nuit le différentiel entre la majoration de 15% prévue dans l’accord JOP et celle de 50 à 110% fixée par les accords 35h de 2000 et de branche de 2003 : cette régularisation sera automatique.
En ce qui concerne les aggravations de temps de trajet, chaque salarié·e lésé·e par les mesures dérisoires de compensation prévue par l’accord JOP2024 peut saisir les prudhommes pour obtenir réparation.
Quelles leçons tirer de cette histoire ?
• Orange n’hésite pas à bafouer les règles, textes et accords.
• Certains syndicats n’hésitent pas à signer des accords qui vont à l’encontre des intérêts des personnels
• SUD n’hésite pas, et n’hésitera pas à continuer de défendre les seuls intérêts des salarié-es d’Orange.
• Les salarié-es d’Orange ne doivent pas hésiter à se mobiliser pour faire respecter leurs droits et en acquérir de nouveaux.